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NON à l'initiative «Pas de Suisse à 10 millions»

Un plafond démographique arbitraire qui menace notre économie, notre système de santé et nos plus proches relations internationales.

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L'initiative part d'un raisonnement simple: moins d'immigration, moins de pression sur les logements et les infrastructures. Ce n'est pas totalement faux. Mais la pression immobilière dépend avant tout des politiques de construction et d'aménagement, pas du seul volume de population. Et restreindre l'immigration aurait des coûts bien plus lourds: des hôpitaux privés de leur personnel, une AVS fragilisée au moment même où les baby-boomers partent en retraite, et des accords bilatéraux en péril.

Pourquoi voter NON

Une économie fragilisée

Une étude de la FER-GE et de l'Université de Genève estime qu'un plafonnement créerait une pénurie de 460 000 postes à temps plein d'ici 2035. Ce ne sont pas des chiffres abstraits: la santé, la construction, l'hôtellerie, les technologies, les secteurs qui font fonctionner la Suisse au quotidien, seraient les premiers touchés. Les PME, qui représentent deux tiers de l'emploi suisse, n'ont pas les marges pour absorber de tels manques.

Si cette initiative est acceptée, l'AVS paiera le prix. L'assurance vieillesse fonctionne sur un principe simple: les actifs d'aujourd'hui financent les retraites d'aujourd'hui. Restreindre l'immigration au moment même où les baby-boomers quittent le marché du travail réduira mécaniquement la base de cotisants. La conséquence sera inévitable: soit vos cotisations augmentent, soit vos prestations diminuent. Ce n'est pas une hypothèse, c'est de l'arithmétique.

Santé, innovation et recherche

Les hôpitaux suisses comptent plus de 30% de personnel étranger. Nos universités et laboratoires de recherche attirent les meilleurs talents du monde entier, contribuant au rang de la Suisse parmi les nations les plus innovantes.

Restreindre l'immigration nuirait directement à la qualité des soins de santé et compromettrait notre position de leader en recherche et innovation, un avantage que nous avons construit sur des décennies d'ouverture.

Les accords bilatéraux en danger

La clause guillotine lie la libre circulation des personnes à l'ensemble des accords bilatéraux : si l'un tombe, tous tombent. Perdre l'accès au marché unique européen, c'est perdre les conditions qui rendent la Suisse attractive pour les sièges d'entreprises, les centres de R&D et les talents internationaux.

Les entreprises qui ont besoin d'un accès fluide à l'Europe déplaceront leurs activités à Munich, Lyon ou Milan. Ce ne sont pas des hypothèses, c'est exactement ce que les groupes britanniques ont fait après le Brexit. La Suisse perdrait des emplois, des impôts et son statut de hub économique européen.

Les leçons du Brexit et du Japon

Le Royaume-Uni a tenté l'expérience avec le Brexit. Les entreprises ont moins investi, les pénuries ont fait grimper les prix, et l'économie a décroché par rapport au reste de l'Europe. La promesse d'une économie «libérée» de l'immigration s'est soldée par une économie appauvrie.

Le Japon est l'exemple extrême. En fermant ses frontières pendant des décennies, le pays s'est retrouvé avec trop de retraités et pas assez de travailleurs pour les financer. Près de 30% des Japonais ont aujourd'hui plus de 65 ans, contre 20% en Suisse. La dette publique a explosé. Et le Japon a finalement dû ouvrir ses frontières. Mais rouvrir les vannes ne suffit pas: le vieillissement de la population continue, la dette continue de s'accumuler. Les effets du déclin démographique ne disparaissent pas d'un vote. L'économie n'a pas de bouton «retour en arrière».

Ce que l'initiative prétend contre la réalité

«Bâtiments, logements, routes, béton : chaque jour, l'équivalent de 7.7 terrains de football sont construits en Suisse. Cela représente environ 1.65 million de mètres carrés de terrain par mois. La nature disparaît. Notre belle Suisse est bétonnée.» source

Ce chiffre est exprimé en mètres carrés plutôt qu'en kilomètres carrés, parce qu'en km², il est beaucoup moins impressionant: 1.65 km² par mois, soit 0,004% de la surface du pays. Et cela inclut tout: routes, parkings, centres commerciaux, bâtiments publics, pas uniquement le logement.

«Les loyers sont de plus en plus élevés et les emplacements centraux sont à peine abordables. La plupart des Suisses ne peuvent plus s'offrir un logement en propriété, alors que nous construisons énormément. L'immigration de masse est responsable de la pénurie de logements.» source

L'immigration augmente la demande de logements, c'est vrai. Mais des villes comme Paris, Amsterdam ou Munich connaissent les mêmes crises du logement avec des profils migratoires très différents du nôtre. La cause commune est ailleurs: des zones à bâtir insuffisantes dans les centres, des procédures d'autorisation qui s'étirent sur des années, et une résistance généralisée à la densification.

La loi sur l'aménagement du territoire prévoit déjà la densification des centres existants, construire plus haut et plus dense sans artificialiser de nouveaux terrains. C'est son application qui échoue. Un plafond de population n'accélérera pas un seul permis de construire et ne réformera pas un seul plan de zone.

«Plus de 40% des bénéficiaires de l'aide sociale en Suisse sont des demandeurs d'asile» source

L'initiative mélange délibérément l'asile et l'immigration de travail. Ce qu'elle omet: près de la moitié des personnes à l'aide sociale sous statut d'asile sont des réfugiés ukrainiens fuyant une guerre. Un plafond démographique n'aurait rien changé à l'invasion russe.

Les travailleurs immigrés, eux, contribuent massivement aux assurances sociales, AVS, AI, et assurance chômage, dont ils ne bénéficient souvent que partiellement. L'étude de la FER-GE montre que réduire l'immigration aggraverait le déficit structurel de l'AVS. L'asile mérite des réponses spécifiques, pas un plafond démographique global.

«En chiffres : 24% des lésions corporelles graves, 78% des effractions de véhicules, 47% des vols de véhicules, 37% des agressions à main armée, 17% des viols et 29% des violences et menaces à l'encontre des policiers sont le fait de migrants demandeurs d'asile et de touristes criminels.» source

Effectivement, d'après les statistiques, les personnes sans passeport suisse sont surreprésentées parmi les condamnés pour certaines infractions. Selon les statistiques de condamnations pénales 2024 de l'OFS, elles représentent 65% des condamnés pour brigandage, 58% pour lésions corporelles graves et 53% pour violences contre les autorités. Ces chiffres méritent d'être étudiés.

Mais ces mêmes statistiques révèlent ce que l'initiative passe sous silence: en 2024, toute la Suisse a compté 320 condamnations pour brigandage, 72 pour viol, 207 pour lésions corporelles graves. Ce sont des individus précis, une infime minorité, pendant que 2,3 millions d'étrangers vivent, travaillent et cotisent légalement chaque jour. Et parmi les condamnés pour brigandage, près de la moitié n'avaient aucun permis de séjour suisse: ce sont des réseaux organisés qui traversent les frontières européennes. Ce phénomène a des réponses ciblées: renforcer la coopération policière intercantonale, mieux exploiter les outils d'Europol et du cadre Schengen pour identifier et démanteler ces réseaux, investir dans la prévention et l'intégration. Une limite démographique n'arrêtera pas un seul réseau criminel transfrontalier. Une coopération policière renforcée, elle, le peut.

Le 14 juin 2026, votez NON

La Suisse mérite des réponses concrètes aux vrais problèmes, logement, santé, transports, criminalité, pas un chiffre arbitraire inscrit dans la Constitution.